Dimanche 30 mars 2008
                                                                                                             psymage.lita.s


Avant, on expirait… bigre ! Le mot faisait froid dans le dos et l’on pouvait voir se profiler l’ombre de la faucheuse ricanante, sur le point d’enrouler le dernier souffle de l’agonisant autour de son cou.

Aujourd’hui, on ne périt plus non plus. Ca, c’était au temps où, la fleur au fusil, en bon patriote, les hommes allaient se faire percer le lard dans une tranchée, en denrées périssables pour la Nation.

Ah, agoniser, voilà un mot qui vous pose un mort. Ca sent celui qui n’en finit pas de partir, dont la douleur fait mal à voir, mais qui a tant différé sa sortie que la famille est soulagée de le voir enfin mort. On imagine le grand lit sombre, tel un catafalque, les cierges déjà prêts, le prêtre à genoux, la main décharnée du patriarche ou de la douairière qui s’élève une dernière fois pour bénir ou pour maudire sa descendance avant de s’abattre, déjà froide sur le drap rêche. Les proches, eux, retiennent leur souffle, de crainte de le voir aspiré lui aussi ; certains peuples enterraient bien les femmes et les domestiques du défunt, pour qu’ils lui tiennent compagnie… Ils lui devaient bien ça ! Et puis, on se recueille en silence, on éloigne les enfants auxquels tant de lourdeur donne envie de rigoler tandis que l’ancêtre se meurt… Rien à voir avec un suicide où pourtant il est bien question de « se mourir ». Dans d’autres contrés, les femmes explosent de douleur, s’arrachent les cheveux quand enfin, l’agonie a pris fin.

Agoniser, c’est pour les grands, les gens à particules car, chez les humbles, le vieux est passé cette nuit.

Quant à trépasser, c'est déjà si vieux que cette mort sent la naphtaline et le plastron. Cette mort-là n'est plus, enterrée avec les auteurs qui l'ont mise en romans et poèmes. Car même les mots meurent et perdent leur âme.

Rendre l'âme suppose qu’elle n’était pas à nous, qu’on nous l’avait prêtée. Entre un corps qui, poussière, retourne à la poussière, et une âme d’emprunt, nous sommes bien peu de chose. Dieu ne fait pas de cadeau. « Toute âme surprise à errer sera immédiatement reconduite à la frontière du purgatoire pour y être interrogée. », soumise à la question, en somme. Pauvres fantômes ! Comme si avoir disparu ne suffisait pas.

Disparaître, l'euphémisme paraît suspect pour parler de celui qui nourrit les asticots ou qui est parti, mi fumée, mi fumûre dans les flammes purificatrices. Le cher disparu ne risque-t-il pas de réapparaître ? Personne ne va se mettre en quête de lui, le rechercher ? Il y a de la magie, du David Copperfield derrière cette disparition. Mais on se doute que cette absence sera bien présente à l'esprit de ceux qui sont encore.

N'être plus, curieux paradoxe, pas si loin du "être ou ne pas être" shakespearien. Il n'est plus, ne hait plus non plus... Tout né est voué à n'être plus, rayé de la liste. Naître puis ne plus être.

Il nous a quittés, hélas ! Oh oui, on le regrette. Plus qu'en cas de divorce, bien sûr, mais ce mort-là a peut-être bien fait. Nous quitter était peut-être la seule issue... Au suivant !

J'oubliais partir, ce mot pudique qui laisse entendre un possible retour. C'est ainsi que l'on dit pour ne pas dire la mort. "Il est parti ! " Oui mais quand reviendra-t-il ? Et s'il est parti, c'est qu'il l'a bien voulu ? Du genre achat d'allumettes qui dure, dure...

Aller au ciel
, ne pas repasser par la case départ... (mieux vaudrait aller au diable). C'est ce qu'on dit aux petits nenfants, nuages, ailes et auréoles en prime. De quoi leur fiche la trouille de voir tout ces "disparus" qui se bousculent là-haut dégringoler de leurs cumulus et leur tomber sur la tête.... Et je ne vous dis pas ce qu'ils peuvent imaginer quand il pleut !

Dans la série « Un prêté pour un rendu », rendre le dernier soupir, c’est pour les mécréants, les sans âme, ceux qui respirent le bon air du Bon Dieu sans lui dire merci. Ils ne peuvent rien lui rendre, à lui. Ils ne peuvent rendre qu’aux mères qui, à l’autre bout du cordon, leur rappellent qu’ils ont commencé par être anaérobies. Sinon, à qui d’autre rendraient-ils cet ultime soupir ? A moins qu’ils n’aient passé leur vie à soupirer et que, lassés, ils aient décidé de passer l’arme à gauche.

Rien de militaire dans ce « passer l’arme à gauche », juste une question d’escaliers qui tournaient dans le mauvais sens pour les gauchers, ceux auxquels on avait coupé la main droite et qui n’étaient pas loin de mourir, faute de pouvoir dégainer leur épée de la main gauche et se défendre dans les escaliers du château. Alors, ils y restaient, dans l’escalier.

Succomber fleure le biblique. La tentation n’est pas loin ; l’enfer non plus. Le mot suggère une lutte dont le vainqueur serait la Mort, par l’un de ses vecteurs : typhus, pneumonie, syphilis, fièvre asiatique ou aviaire (c’est pareil), sida… un truc qui vous saisit de l’intérieur, incube sournoisement, plante ses ergots dans votre chair et ne vous lâche plus. Alors, on tombe, on succombe, devient succube.

Il y en a qui crèvent, gorgés de fric, de pus, d’alcool ou de haine. Bien avant de crever, ils sont déjà charognes. Cette mort-là sent mauvais. C’est celle du méchant dans le film ; il crève la gueule ouverte pour dire qu’il n’est pas d’accord, qu’il ne veut pas crever « comme ça ». On se dit que c’est bien fait pour lui, qu’il l’a bien méritée. Pour un peu, on cracherait sur son cadavre, on le bourrerait de coups de pied, en toute impunité.
Les gentils crèvent, eux aussi, les yeux agrandis pas l’effroi. Tout le monde ne peut pas avoir un Karma sympa.

Casser sa pipe parle des Maigret et autre Sherlock. Une mort nette, sans bavure, mais qui laisse moult indices dont Colombo pourra parler à sa femme. C'est la mort de l'oncle, du parrain, du presque proche... On sait déjà qu'on s'en remettra.

Claquer tout  sec, comme le coup de fouet qui lacère et courbe les dos des vivants. Claboter, bouteille en main, de ne pas avoir su mener sa barque.
Et, bucolique, on mange les pissenlits par la racine....

Tant de mots ou d’expressions pour un même destin. Les mots déclinent, se perdent et la mort devient froide. Alors on décède, on cède la place, au mieux, on clamse en refermant sa vie comme un vulgaire bivalve.
Je crains que ce ne soit pas à mourir de rire.

                                                                          F I N
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Mardi 25 mars 2008

D'un fruit, d'un simple fruit, on peut faire une symphonie

Au palais et à la langue…C'est une variété de mangues,

A la chair filandreuse mais ô combien délicieuse,

 

Les mangues oblongues,

 

Pour qui saura la déguster

Cette mangue-là a un le secret

Dont pour ravir votre palais

Je vais ici vous dire le vrai

 

Tout d'abord se laisse séduire

Par le bel aspect de son cuir,

Sa  peau exempte de déchirure,

Tendue, brillante, sans écorchure,

Aux vibrantes tonalités,

vertes, jaunes ou de rouge marbrées

et sous la peau sentir déjà

la chair dont sonnera le glas.

 

Entre vos mains, ce fruit d'amour

Délicatement mais sans détour

Saisir et déjà ressentir

En vous le sabbat à venir

Le regarder, le respirer,

Du bout des doigts le caresser

En redessiner les contours

Son noeud, son rebondi velours.

 

Puis de vos doigts, de vos mains jointes,

De l'arrondi jusqu'à la pointe

En une pression délicate

Et sans que jamais il n'éclate,

Malaxer le beau fruit charnu

A petites gestes d'abord ténus

Sentir peu à peu sous vos doigts

La chair de ce vrai fruit de roi

Se faire le plus doux des nectars

En récompense de votre art.

 

Lors appuyer plus fermement

Tout autour de ce fruit d'amants

Sentir au centre détaché,

Son noyau blanc déshabillé

De sa pulpe qui autour danse,

Ce jus qui vous mettra en transe ,

Prêt à surgir, prêt à jaillir

Et à vous faire défaillir.

 

Enfin sentez le jus qui glisse

Cette promesse de délice

Sous la peau souple et tendue

Vient le moment tant attendu…

 

Sur le bout dressé de ce fruit

Sans violence et sans furie

Vos lèvres impatientes poser

Comme pour un intime baiser

Alors du tranchant de vos dents,

Mais oui c'est ça, amoureusement

Y faire une mince incision

A peine un trait, une scission

 

Et là…

Ô joie

Ô délice

En votre calice

Extase de ce jet

Qui fuse à votre palais

Excite comme jamais vos papilles

De toute pudeur vous déshabille

Et l'on aspire, presse, suce, presse encore des lèvres et des mains, avale le jus qui explose et emplit la bouche, dégouline des lèvres au menton…

Dieu que c'est bon !

 

 

 

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Mardi 25 mars 2008

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                                                                                                 psymage.Lita.S

 



Il manque quelque chose, c’est sûr. Elle ne s’en est pas rendue compte tout de suite. A présent, elle en est certaine. Elle, si méticuleuse, ce manque la met mal à l’aise, comme une tache sur son tailleur vert-pomme. Elle ne peut en parler à personne, ils se moqueraient, ou pire, s’en ficheraient. Elle se souvient du jour où elle a fait un scandale pour un dossier retrouvé près de la machine à café, et le coup du trombone coincé dans la photocopieuse… Elle pianote avec agacement sur la plaque de commande de l’ascenseur. Ses ongles flamenco font à ses oreilles un bruit de castagnettes sur les touches. En temps normal, l’idée que ça pourrait bloquer l’ascenseur entre deux étages lui donnerait un petit plaisir pervers mais là, ce manque l’agresse, emplit sa tête, son ventre… Elle passe  avec humeur ses doigts dans ses cheveux auburn dont la permanente aurait bien besoin d’une retouche et se lance dans le couloir, comme un fox sur la trace du gibier.

Elle entre dans son bureau, vérifie que le stagiaire n’y fait rien et ressort. Elle se tient un instant adossée à la paroi de verre puis fonce vers l’accueil. Odile, l’hôtesse, se lime les ongles en jetant de temps à autre un œil sur un catalogue IKEA. Un coursier entrebâille la porte d’entrée et demande une signature. Odile prend avec lassitude le paquet au bandeau noir d’où dépassent des fleurs et signe. Sur la moquette beige, les pas du coursier laissent des traces humides. Il doit pleuvoir. Ses pas à elle glissent rapidement sans que ses talons aiguille ne s’y enfoncent. Dans le bureau du patron, plusieurs personnes discutent. Elle passe la tête par le sas qui permet à Bruno Pic de voir d’un seul coup d’œil le couloir et les bureaux-cages. Pas trace de la gifle sur la joue gauche du patron. Elle aurait dû frapper plus fort. Elle se redresse, et embrasse à son tour du regard l’ensemble des bureaux de la L.T.D corporation, petite entreprise florissante perchée au septième étage d'un immeuble cossu... Et dont le tout nouveau patron l’a rendue folle. Bruno Pic, belle gueule, amant plus doué que le précédent patron et beau portefeuille. Elle-même est déjà mûre mais certains de ses atouts font faire le yo-yo aux pommes d’Adam. Après avoir joué quelques temps au « Je te montre mais tu touches pas », un soir elle s’est laissée trousser dans le gros fauteuil brun du bureau directorial… Un petit frisson la parcourt à l’évocation de la première fois où ils se sont envoyés en l’air… « S’envoyer en l’air », ça lui dit vaguement…

 Ce manque ! Elle doit savoir.

Dans les toilettes des femmes, elle tente de réfléchir. Ca va finir par lui coller une de ces migraines, ce manque ! Adossée au miroir, elle essaie de revoir en mémoire son univers : son appartement où il y a si peu de choses. Si c’était là, elle l’aurait vite vu… Son bureau… Oui c’est là, c’est sûr. Elle repart au pas de charge vers sa cage. Le stagiaire est sorti. Mignon, ce petit mais un peu vert tout de même. Au mur, le calendrier indique d’un trait noir que nous sommes jeudi. Elle ne se souvient pas d’avoir tracé ce trait. Ce petit moins que rien a osé…

  Jeudi ! Ca y est, elle tient une piste. Quelque chose s’est produit entre le lundi et le mardi… ou plutôt entre le mercredi  et le jeudi. Ce manque doit être là. Se remémorer les évènements de la veille. Oui, c’est ça. Hier, c’était… mercredi.
 

 Elle revoit son arrivée au bureau, Bruno était déjà là… la petite nigaude asiatique aussi… Elle sent qu’elle brûle. Elle en a mal partout d’être aussi près. Ca la secoue jusque dans le ventre. Ce manque doit être énorme.
             Bruno et la jaune étaient dans le grand bureau directorial. Ils riaient. Bruno n’avait même pas fermé la porte et laissait errer sa main sur la croupe de cette saleté bridée. Pas une fois il ne l’avait appelée, elle. La journée avait passé comme ça, pas sa colère.

Mercredi soir, tout le monde était parti. Bruno était encore là. Elle l’avait rejoint, toutes griffes dehors. Il avait dit « qu’est ce que tu fous ici ? » Elle l’avait giflé, puis s’était excusée, avait tenté de l’embrasser. Il l’avait repoussée et elle s’était cognée sur l’angle aigu du bureau. Elle avait pleuré, lui avait demandé pardon, l’avait menacé… Il avait marché vers elle, l’air mauvais et elle avait reculé vers la baie vitrée largement ouverte en le suppliant « Encore une fois, rien qu’une … ». Il l’avait repoussée… « Juste une fois, s’envoyer en l’air comme tu aimais tant, Bruno… « 

Elle tremble en revoyant la scène, ça lui donne la nausée de se voir aussi pitoyable. Elle supplie, il la repousse, elle recule, tente de résister à ces mains chéries qui la poussent… Et puis tout bascule. Vertige. Trop d’air, manque d’air… Sa dernière pensée est pour son tailleur : il y aura une tache sur son tailleur, une grosse tache rouge. Comme celle qu’elle voit maintenant au niveau de sa poitrine… Du rouge partout.

Debout dans le hall, elle ne sent pas le flot des employés de la L.T.D Corporation qui passent à travers elle sans soupçonner sa transparence. Tous commentent le gros titre du bulletin interne où s’étale son portrait, en tailleur fushia sous le titre « Suicide de Marjorie Potter, l’assistante de Monsieur Bruno Pic. Elle nous manquera beaucoup. »

 

                                            FIN

Par Lita.s - Publié dans : nouvelles, écrits divers - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Dimanche 16 mars 2008

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                                                                               psymage. Lita.S


Début d'une nouvelle ou d'un petit roman, je ne sais pas encore...



        J'ai failli pousser un cri de joie. Ca aurait eu l'air louche. Je fais claquer mes gants de latex pour cacher ma fébrilité soudaine. Je ne relève pas la tête mais je sens sur moi le regard de Tristan Verneux le spécialiste que j'ai engagé l'an dernier.
        - Tout va bien, Céleste ?
        Je ne réponds pas tout de suite. Toujours l'oeil aux aguets, celui-là. Rien ne lui échappe… normal, c'est parce que c'est un pro que je l'ai engagé. Mais je déteste son air de bellâtre. Il ne manque pas une occasion de faire le paon. Tristan Verneux, tu parles d'un nom. Et lui qui en rajoute dans le grave en soulignant : « Verneux, c'est plutôt flatteur. Imaginez si je m'étais appelé Vercors… dans ce métier, ça aurait fait désordre, non ? » Et de retrousser ses lèvres sur des dents étincelantes en émettant un petit rire desséché.
        - Bien sûr que ça va ! Pourquoi ça n'irait
      - Oh rien, je remarque simplement qu'une goutte de sueur s'est formée sur votre front… Etant donnée la température qu'il fait ici, c'est étonnant, non ? D'où ma question.
        Qu'est-ce qu'il peut m'emmerder ! Non content de saisir la moindre occasion de m'effleurer la main lors des soins ou de la manipulation de nos clients, voilà qu'il m'épie maintenant. S'il n'était pas si doué, si pro, il y a longtemps que je l'aurais viré. Mais trouver un tel praticien, ça n'est pas si facile.
        - Je dois couver quelque chose. Bon, on s'occupe de celui-là dès que vous en aurez terminé avec madame Férule. On est déjà à la bourre et la famille va râler.
        - Bien bien, c'est vous la patronne. Délicieuse mais… patronne.

 

       Je ne relève pas. Quel con ! Comme s'il suffisait d'avoir la gueule de George Clooney pour que toutes les femelles tombent en pâmoison. Quant à sa tablette de chocolat quotidiennement entretenue à la salle de sport mais aussi, précise-t-il, en l'enduisant d'huiles et onguents… sous sa blouse ou son épais tablier, on s'en tape. Il a raconté à Célimène, l'hôtesse –qui évidemment s'est empressée de me le rapporter en gloussant- qu'il se rase les jambes et les roustons « …pour que le plaisir de ces dames soit complet. » A la repousse, je n'imagine pas le désastre ! Si jamais je le vois se dandiner, façon ça me gratouille le poireau, je saurai pourquoi. Bref ! Don Juan ne comprend pas que je ne succombe pas à son charme de latin lover.

        - Vous préférez peut-être les femmes ? A-t-il osé me demander une fois où, dans mon bureau, j'avais repoussé sa énième manoeuvre de séduction, fleurs à l'appui.

        Tu parles, des fleurs ! Il n'avait pas dû aller bien loin pour en trouver. Il avait suffit qu'il les arrange un peu différemment pour en faire un bouquet de soupirant. Je lui en ai collé une. Il s'est frotté la joue en souriant avant de retourner jouer du scalpel. J'ai continué à bouillir dans mon bureau et puis, comme toujours quand j'ai les nerfs à vif, j'ai fait feuilleté un de nos catalogues... ça a le pouvoir de me calmer. Oh ! Il n'est pas méchant, ce con. Et puis c'est flatteur, toutes ces attentions. Je ne peux pas dire qu'il y ait foule à mes pieds. Si j'excepte ceux que mon métier intrigue, peu d'hommes m'approchent avec des intentions aussi évidentes. De toutes façons, ce genre de galipettes ne m'a jamais intéressée.

       Avant de ranger le nouveau, je soulève encore une fois le drap. Ce spécimen est un vrai joyau. A regrets, je pousse le chariot au fond de son habitacle et je referme soigneusement la porte… Il ne manquerait plus qu'il s'abîme. J'ôte mon tablier, mes gants et à peine sortie de la chambre froide, je vois Célimène se ruer sur moi.
    - Madame, Madame… fait-elle en roulant des yeux comme si une armée de cannibales en voulait à sa peau parfaitement noire.
    - Que se passe-t-il, Célimène ?
    - Madame, c'est un groupe de la « Maison heureuse » qui a pris rendez-vous pour visiter.
    - Ah oui, je me souviens. C'est une idée de la nouvelle directrice pour emmener en ballade ses pensionnaires. Euh, vous voulez bien vous occuper d'eux ? Vous connaissez la maison par coeur. Et puis vous n'oublierez pas de faire partir la commande de fluide artériel.

 

    Célimène acquiesce d'un mouvement de tête tout en commençant son exposé.
    - Ils viennent réserver leur place ? Rigole Tristan Verneux. Marrant non, pour le troisième âge, que dis-je ? Le quatrième âge, la visite d'un funérarium. Si je mets un masque de « Scream », je peux accélérer le mouvement, vous ne croyez pas? 

 

    Je hausse les épaules et je regarde s'éloigner le petit groupe claudiquant tandis qu'avec son léger accent antillais, Célimène explique le fonctionnement de la Maison Lucrèce, fondée en 1823…

 

.../...


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Vendredi 14 mars 2008

                                                                                  psymage.Lita.S


C'est le premier chapitre d'un roman actuellement en cours d'écriture... Ca parle de l'Afrique, ses couleurs, ses odeurs, ses mystères.

                                             *********

           A présent, le soleil est haut dans le ciel et Awa se met à le détester. Entre ses cils, elle tente de soutenir le regard blanc, en vain. Il fait trop chaud. Des rigoles de sueur filent le long de son front, lui piquent les yeux et ravinent ses lèvres entrouvertes avant de marquer son cou puis ses seins de fines traînées qui se perdent dans le pagne roulé autour de sa taille. Encore quelques heures et le rideau d'arbres aura étendu son ombre sur son visage. Quelques heures avant que le soleil ne colore la savane au loin, tandis qu'à l'opposé, le village s'enfoncera dans la nuit.

Le village ! … un éclair de haine traverse ses yeux.

Depuis des semaines, elle a choisi le lieu et maintenant, elle est là, adossée au gros fromager. L'endroit est idéal : les racines de l'arbre sont des bras, un abri. D'ordinaire, les fromagers sont enfouis dans la forêt, mais celui-ci a poussé à cet endroit, sans doute pour un tel jour. L'arbre fétiche lui donnera la force d'aller jusqu'au bout. Bien sûr, il est loin du village et tout à l'heure, quand tout sera fini, le chemin du retour sera long… si retour il y a. Tant pis, il lui faut l'aide de l'arbre car depuis longtemps, elle a compris que personne ne serait là pour elle.

Elle les hait ! Akoué surtout, Akoué la mauvaise, et tous ces villageois idiots qui ont fait d'elle une paria.

Un spasme de douleur déforme son visage. Awa n'est pas belle à voir. Sa peau a pris une curieuse couleur grise, un voile de cendres sur son teint d'ébène. Ses yeux parlent déjà du pays des ancêtres ; des yeux de poisson échoué sur la plage après la tempête. Elle mord un morceau de son pagne pour ne pas hurler.

La vague reflue tandis qu'elle tête convulsivement l'étoffe.

Des heures qu'elle est adossée là. Awa ne sent plus ses bras dans lesquels elle met toute sa force quand c'est vraiment trop dur. Elle ne sent plus ses doigts qui griffent la terre sèche, ni l'écorce qui imprime ses veines dans la peau de son dos, pas plus que la fourmi rouge qui suce le sang de son mollet. Entre ses jambes écartées, une auréole brune là où la terre a bu l'eau de son ventre. Derrière elle, la brousse est assoupie ; à peine si, de temps à autres, un bruit furtif rappelle que là aussi, il y a de la vie. Awa pense au lion tapi quelque part, aux singes malveillants, aux hyènes et aux serpents. A son arrivée, elle avait si peur de tous ces buveurs de sang, mangeurs d'enfants.

--   -          - Ah, venez ! Venez !

Qu'ils la prennent, elle et le petit qu'elle porte. Mourir, ne plus sentir l'atroce douleur qui broie ses reins et brise son cri dans le haillon bariolé… Mais autour d'elle, il n'y a que les fourmis.

Le diable qui a pris possession de son ventre s'apaise un moment et elle repense à l'enfant. La mort, oui, mais avant…

Comment font les autres femmes ? Une mère aurait pu le lui dire, mais elle a grandi sans mère. Au village, l'accouchement est une fête, un rituel auquel on ne l'a jamais conviée. A la naissance du fils d'Amina, les femmes lui ont fait signe de s'en aller, crachant entre leurs dents des histoires de mauvais --il. Elle les a entendues psalmodier et encourager la future mère.

--

-P         - Personne n'est là pour Awa.

Des larmes roulent sur ses joues.

--               -  Eau salée de la sueur, eau salée de la douleur, eau salée de ma peur, eau salée… chantonne-t-elle,… eau salée qui s'échappe de mon ventre, eau des mères…

Qui était sa mère ? Son père ne le lui a jamais dit ; pas un mot pour la nommer, la sanctifier ou la salir, rien. Il a bien fallu qu'elle sorte d'un ventre, elle aussi. Un ventre qu'il a dû caresser, un sein gorgé de lait où il s'est peut-être abreuvé…

La douleur déchire à nouveau ses reins et brouille ses pensées… et puis cela s'apaise un peu mais Awa sait que bientôt, elle n'aura plus de répit.


Lorsqu'elle était petite, à la ville, il y avait des moussos, des femmes qui, durant quelques jours ou quelques mois, partageaient la natte de son père. Certaines la battaient. Les gentilles lui tiraient les cheveux afin de les rendre moins crépus puis elles les séparaient en quartiers avant de les entortiller dans du fil noir. Cela lui faisait une tête d'araignée hirsute. Mais un jour, une grande dame à l'allure de reine est venue dans la cour de l'habitation qu'occupaient son père, ses femmes et quelques autres traîne-savates. Les moussos se sont cachées et les hommes ont courbé la tête devant elle. Dans le cliquetis de ses nombreux colliers et grigris, la grande femme s'est approchée d'Awa et a dit quelque chose que l'enfant n'a pas compris. Puis elle a craché  par terre avec agacement. Apeurée, la petite fille a pris peur mais, avant qu'elle ne s'enfuie, la grande dame l'a attrapée par les cheveux et Awa s'est immobilisée. D'un geste précis, la femme a coupé le bout de chaque vilaine tresse et a sorti un peigne de son grand boubou. Asseyant la fillette sur ses genoux, elle a entrepris de la coiffer. Dans la cour, personne n'osait dire un mot. Lorsqu'elle reposa Awa sur le sol, elle lui dit, dans sa langue :

--                 - Les jeunes filles de ta lignée ne doivent pas ressembler à des êtres rampants ; n'oublie pas. Tiens, comme ça, tu pourras te regarder, ajouta-t-elle en lui tendant un petit miroir.

       Awa n'a jamais su qui était cette femme ni ce qu'elle voulait dire mais, à partir de ce jour, aucune des compagnes de son père n'a plus osé la maltraiter. Depuis, elle étire ses cheveux en une haute touffe qu'enserrent plusieurs colliers de graines multicolores. De ses origines incertaines, c'est tout ce qu'elle conserve. Au village, les femmes ont trouvé à cette coiffure une intention hautaine. Avec ses traits d'une finesse étonnante et sa silhouette déliée, Awa a tout de suite été leur ennemie. Et puis, elle venait de la ville et pour les vieilles matrones de ce trou enfoui dans la brousse, Awa ne pouvait qu'être impure et dangereuse.


            BAMINAKRO. Lorsque, à la suite de Yao, elle avait dépassé le panneau rougi de latérite, il avait dit ce nom. Baminakro où Awa va mourir, mais qui s'en soucie ? Son père a disparu une nuit, au cours d'une bagarre : une sale affaire de moussos qui ne rapportaient pas assez … Awa n'avait pas tout compris. La dernière femme de son père l'avait immédiatement chassée en salissant le nom de son père. Awa avait continué à vendre ses oranges au bord de la route, en se gardant des mouches, des policiers, des marchandes plus âgées, des voitures qui lancent des jets de boue fétide pendant la grande saison des pluies… Elle couchait dans un coin du marché couvert, là où l'odeur de la viande imprègne les étals et vous donne mal au c--ur, mais où personne ne venait la déranger. Elle en a gardé une horreur tenace pour toute nourriture carnée, mais comment expliquer ça à Akoué et aux autres femmes ? Elle s'était contentée de morceaux de poisson séché chapardés ici ou là, d'un reste de galette d'igname ou de taro… Elle s'était battue pour une goyave ou pour une mangue cueillie dans le grand jardin des blancs quand le gardien avait le dos tourné… la démerde, quoi !

           Et puis, il y avait eu Yao. Un jour, il s'était arrêté pour acheter des oranges. Ce n'était pas un jeune homme, Yao, mais ses yeux étaient bons. Il n'était pas beau non plus… En fait, il était plutôt laid, avec des narines d'hippopotame qui souffle dans la mare, mais il y avait du miel dans sa voix. Awa avait quatorze ans. Elle était vieille déjà, mais fraîche et presque neuve. Yao ne lui avait rien demandé. Jour après jour, il était venu la voir et, un matin, il avait dit qu'elle allait être sa femme. Il avait apporté un coq pour le sacrifice du mariage coutumier. Awa n'avait pas posé de questions. Le lendemain, elle l'avait suivi au fond d'une cour où un homme au boubou crasseux avait coupé le cou du coq et fait gicler le sang du volatile devant leurs pieds. L'homme avait ensuite fait cuire le coq par une de ses femmes et Awa avait dû en goûter un morceau. Ils étaient mariés. Ensuite, Yao lui avait dit qu'ils devaient partir tout de suite pour le village car son contrat de magasinier venait d'expirer. Awa n'avait pas posé de questions ; elle devait le suivre, voilà tout. Quitter la ville, la crasse du seul quartier qu'elle connaissait… ailleurs, c'était sûrement mieux.

         Elle n'avait presque rien : un dernier bout de miroir dans lequel elle se voyait en trois morceaux –ça la faisait rire-, l'amulette en cauris et poils d'éléphant qu'elle portait depuis toujours, son pagne de fête, celui-là même que Yao lui avait offert le deuxième jour de leur rencontre, avec la photo du président ; il devait coûter très cher. La vérité est que Yao l'avait subtilisé dans une pile destinée à un marchand libanais plus soupçonneux que les autres. Ce vol lui avait valu une brutale mise à la porte par le syrien qui l'employait. Tout ça, Awa l'ignorait, et même si elle l'avait su… ce pagne était le plus beau qu'elle ait jamais eu. Elle prit son peigne à six dents, un beau peigne en ébène, lisse et brillant comme devait l'être la peau de sa mère… le peigne de sa mère, le seul objet que son père ait conservé pour elle. Elle emporta aussi un morceau de savon noir, un pagne pour les mauvais jours, ses colliers de graines, un bâton de khôl chipé à sa dernière tantine, et enfin le couteau de son père. Pour sceller leur union, Yao avait grossi son baluchon d'un véritable trésor : une bassine émaillée, blanche et bleue, à faire brunir de jalousie les commères du marché. Awa avait fièrement disposé ses maigres trésors dans la bassine étincelante et, d'un geste gracieux, elle avait installé le tout sur le sommet de sa touffe de cheveux crépus qui la dispensait du pagne roulé, un véritable amortisseur.

          Ils s'étaient mis en route, Yao devant, Awa à cinq pas derrière lui. Il avait fallu marchander le prix du voyage avec le chauffeur du taxi-brousse. Le véhicule était une vieille quatre cent quatre dans laquelle ils allaient s'entasser à huit, sans compter les volailles. « S'en fout la mort » en était la devise et c'était sûrement vrai à en juger par la conduite suicidaire de ce demi-fou qui faisait sans arrêt la course avec d'autres taxis, au risque d'embrasser un grumier qui, dans l'autre sens, « grattait » un autobus. Pour Awa, entre la peur et la griserie de la vitesse, c'était l'expérience la plus excitante de sa courte vie. Elle riait, hurlait de terreur, encourageait le chauffeur selon le moment, à la grande joie de tous les occupants du véhicule ; une vraie fête. Après, le taxi les avait déposés à un croisement dans la forêt, comme au milieu de nulle part. Au fur et à mesure qu'ils s'étaient rapprochés de Baminakro, elle avait senti Yao se renfrogner. Elle n'avait plus ri.

 

       - Aaaah, aide-moi ! aide-moi, il est là !

           Elle sent la tête de l'enfant qui appuie et tente de forcer le passage. Il ne passera pas, pas comme ça. Péniblement, elle ramasse ses jambes et se redresse pour s'accroupir en tenant entre ses mains, ses genoux écartés. Epuisée, elle manque s'affaler sur le coté et se raccroche de justesse à l'une des énormes racines.

                     - J'ai fait la faute, je vais payer, je vais mourir !

            Quelle faute ? Elle n'en sait rien, mais il faut bien qu'elle ait fauté, puisqu'à présent, elle est punie.

             Elle pousse de toutes ses forces, pousse encore… Elle hurle quand ses chairs intimes se distendent avant de se déchirer. D'un coup, l'enfant se rue hors de son ventre. Awa n'en revient pas. Un moment sidérée, elle regarde la grosse poupée grise qui gigote et crie sa colère. C'était en elle, et c'est sorti ! Elle ne peut le croire. Dans un moment d'hallucination, elle se voit sur le sol malmené ; elle est sa mère, et l'enfant, là… Elle se penche pour le toucher et passe son index sur la peau de sa joue, comme pour être bien sûre. Puis elle le prend contre elle en sanglotant. Lorsqu'elle s'apaise enfin, l'enfant se tait aussi et semble la regarder. Doucement, elle l'essuie avec son pagne. C'est une fille, pas de chance ! La vie d'une fille vaut moins que celle d'un zébu.

             Avec le couteau de son père, elle coupe le cordon qui a cessé de battre. Elle sait peu de choses, mais ce qui est dans son ventre, il faut l'en extraire et l'enterrer afin que le double de sa fille ne vienne pas réclamer la vie de l'enfant. Encore un effort, et la masse noire du placenta la quitte. Le fromager aura son tribut ; si elle a la force de creuser.

            Le sang coule de la plaie qu'est devenu son sexe. La déchirure a filé loin derrière, et Awa sait. La vie va peu à peu s'en aller par le filet qui sinue le long de ses cuisses. Sans voir d'où vient sa douleur, elle sait qu'il sera trop tard pour demander au sorcier les herbes qui soignent. Elle regarde l'enfant ; elle est fière, malgré tout. C'est un beau bébé.

--                 -Et maintenant, il faut creuser.

             Elle n'est même pas triste. Sa vie ne valait rien. Celle de sa fille sera peut-être meilleure.

 

            Awa marche. Il fait nuit à présent. Tenant contre elle le bébé endormi, elle suit en trébuchant la rivière dont la chanson la guidera jusqu'au village. L'enfant dort tandis que  les pas de sa mère se font de plus en plus hésitants, alors que le sang coule le long du chemin et entre les plis du pagne devenu raide.

           Autour de l'arbre à palabres, quelques hommes sont rassemblés… Ils ont l'air de danser tout en étant assis. Les lampes à pétrole dansent, elles aussi. Dans un demi rêve, Awa sourit et croit voir, près du marigot, des femmes et des calebasses.

           Encore quelques pas, encore quelques pas…

           La scène s'est figée. Tous regardent approcher l'étrangère. Akoué a été prévenue et elle accourt. Yao est là, lui aussi. Ils la regardent avancer, trébucher. Amina esquisse un mouvement mais elle se ravise en voyant qu'elle n'est pas suivie.

            Encore quelques pas pour venir s'écrouler aux pieds d'Akoué en lui tendant l'enfant.

--                   -Naémila ! Naémila… Naémi… et puis le brouillard.

            Awa ne s'est pas réveillée. Elle n'avait pas seize ans.

...//...


Par Lita.s - Publié dans : nouvelles, écrits divers - Communauté : Au fil des mots
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Lundi 10 mars 2008

c'est un jeu... Sans trop réfléchir, sans ciselure, on répond très vite aux mots de l'autre, juste pour le plaisir. Ces mots sont extraits de la "joute florilissante" où mon ami Floris et moi avons croisé nos plumes.

...

il est des plumes
qui d'amour consument,
je sais des corps
sans atours ni décors
parfois aussi des âmes,
de vibrantes flammes
au détour d'une toile
hissée telle une voile
emportant la liesse
des êtres en tendresse
...

fais que l'esprit tressaille
et même qu'il défaille,
de tout poids se déleste
en des jeux un peu lestes
ou carrément paillards
à se poiler le dard.
conjuguer un jésus,
une rosière dessus
le fier phallus tendu
riant comme une tordue
de lire du bout des doigts
sur le bras de son roi
"à maman pour la vie,
ton tout petit Riri".

 ...
 mais
me faire violence
en amère romance ?
jamais lita ne danse
comme une âme en errance.
si jamais elle est prise
par des vers qui la grisent,
vois, ce qui électrise
cette souris pas grise
c'est le beau dans le mot,
ce qui se dit des maux...
et si la chair exquise
frissonne sans banquise,
à se frotter ainsi
en menue poésie,
oublie la tragédie,
laisse où elle est la lie,
seul le beau vaut la vie.
 

...

l'écervelé qui sait
mes lobes caresser
de cervelet ou d'oreilles ourlées
quelle que soit sa cadence
en va et vient qui danse
ou en longs mouvements
prodigués savamment
en vagues florissantes
qui me laissent pantelante
me fera son amante
en ces lieux idéaux
où les mots sont joyaux


...

si clairs à mon obscurité
tes mots en mes limpidités
effeuillant plis et drapés
de mes secrètes ombres diaprées
et ta langue, celle qui dit
sans fausseté ni repli
des mots aux éclats de diamant
danse et festoie savamment
en mes pleins et déliés
et font qu'à toi je suis liée

...
 

ô le bel émoi
ode à mon corps de soie
à ma peau chimérique
à ma bouche en supplique...
que ton sceptre érigé
garde pour l'heure son jet
et que tes mots heureux
caressent mes cheveux
à mes secrets s'enroulent
en ma moiteur se coulent
et nous trouvent encore
même sans corps à corps
en nos futurs amours
qui cueilleront le jour
pour de doux effleurages
sur nos très belles pages


...

Par Lita.s - Publié dans : nouvelles, écrits divers - Communauté : L'âme du poète
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